Promo : mettez un texte court pour vous faire connaître.

D'après une grande idée de Monsieur Yfig. :wink:
Allez hop, je commence.
Un truc très court pour pas encombrer.

:lol:

Réponses

  • Smiley très heureux Amars...sissage serait plus approprié, Lieutenant ! Amarssissage. Ce qui donnerait : "Encore eût-il fallu que nous amarssissassions ailleurs que sur un champ de mines." Cool, j'aime beaucoup.
  • "sindbadboy" wrote:


    Un truc très court pour pas encombrer.

    --


    Ah ça ! Pour être court, il est court ton texte… Smiley très heureux

    En principe ce texte devait être l’intro d’un roman (Petits meurtres entre auteurs) où je mettais en scène et caricaturais tous les auteurs que je connaissais. Je ne suis jamais allée au-delà du 1er chapitre car certains de mes « personnages » se sont crêpé le chignon dans la vie réelle et du coup cela m’a coupé l’envie d’écrire un truc juste pour les faire rire…

    Me suis toujours demandé ce que ça donnait lorsque c’était lu par quelqu’un qui ne connaissait pas les auteurs en question… Donc, grâce à Sind, je vais peut-être enfin avoir une réponse à cette question…


    Le personnel de l’hôtel des Grimauds était en effervescence. C’était un grand jour pour ce petit hôtel insulaire qui n’affichait qu’une petite étoile jusqu’à l’été dernier. Son nouveau propriétaire Kzav d’Issytash venait de s’endetter lourdement afin de faire des travaux qui lui permettaient d’afficher depuis quelques jours une deuxième étoile.

    Habituellement l’hôtel des Grimauds était ouvert toute l’année mais même en haute saison il y avait toujours des chambres libres. Mais voilà qu’aujourd’hui, en ce premier jour de printemps triste et pluvieux, toutes les chambres allaient être occupées. Une convention d’auteurs allait se tenir ici durant quinze jours. Kzav y voyait un signe de bon augure et se plaisait à rêver que l’hôtel retrouve sa splendeur et sa vocation d’antan.

    L’hôtel des Grimauds était l’ancien manoir des premiers propriétaires de l’île. Il avait été converti en hôtel il y a une centaine d’années, peu après que l’écrivain Amadeus Bricot soit venu s’installer sur l’île. Amadeus était arrivé dans l’île en décembre 1899 alors qu’il avait une vingtaine d’années. Il avait été invité par Roger, le fils du propriétaire de l’île, avec lequel il avait été au pensionnat durant toute sa scolarité.

    A cette époque toute l’île appartenait encore à la famille Maure. Il n’y avait qu’une cinquantaine de familles qui vivaient ici. Toutes travaillaient pour la famille Maure soit au manoir, soit à la conserverie de poissons qui se trouvait à l’autre bout de l’île. Grand-père Maure avait fait construire quelques maisons toutes simples autour du port et de la conserverie pour loger son personnel.

    Aujourd’hui ces maisons pittoresques étaient devenues des attractions touristiques. A l’époque où Amadeus Bricot était arrivé pour la première fois dans l’île si ces maisons attiraient tant le jeune Amadeus ce n’était pas pour leur charme architectural. Elles étaient habitées par les femmes de marins partis en campagne de pêche pour la conserverie.

    Amadeus se faisait un devoir de consoler et d’honorer toutes les femmes momentanément esseulées et son compère Roger n’était pas en reste. C’est deux là s’étaient vraiment bien trouvés. De vrais jumeaux cotés tempérament car en dehors de leur passion immodérée des femmes il y avait aussi celle qu’ils partageaient pour l’ésotérisme et le paranormal.

    Dans le village le bruit courait que si Amadeus était plus que centenaire c’était à cause de ses expériences d’alchimie et qu’il avait dû arriver à réaliser l’élixir de longue vie. D’autres prétendaient que c’est son amour de la gente féminine qui le maintenait en vie depuis plus de 125ans maintenant et que tant qu’il y aura des femmes sur l’île, Amadeus refuserait de casser sa pipe.

    Amadeus s’étant découvert quelques talents littéraires, il s’était installé sur cette île où il avait trouvé un équilibre entre ses deux passions. Il partageait son temps entre les femmes lorsque les hommes étaient en mer et dès le retour des maris il se concentrait sur ses recherches et ses écrits ésotériques. Il connut une certaine notoriété avec ses écrits sous le nom d’A. Bricot.

    Roger qui s’ennuyait ferme durant les longues périodes d’écritures de son comparse avait bien essayé de l’imiter dans ce domaine. Malheureusement pour lui il n’avait pas le talent d’Amadeus et se faisait traiter de grimaud par tous ceux qui avait eu la « chance » de lire sa prose pédante… Roger Maure avait donc décidé d’abandonner là sa carrière d’écrivain.

    Aussi lorsque Amadeus se plongeait dans ses manuscrits Roger allait prendre pension dans le seul café de l’île. Ce qui n’était pas vraiment du goût des pêcheurs qui n’avaient pas envie de partager leurs beuveries avec celui avec qui ils partageaient déjà leurs femmes. Alors, Roger, pour éviter les problèmes prenait à sa charge toutes les boissons servies tout le temps que les pêcheurs étaient à terre.

    Roger n’étant pas un gestionnaire la conserverie était passée entre les mains d’une grosse société de pêche peu après le décès de Maure père. Il n’avait fallut que deux ans à Roger pour couler la fierté familiale et ses beuveries lui avaient coûté toute la terre qu’il possédait sur l’île. Mois après mois il se défaisait d’une parcelle, puis d’une autre. Ce jusqu’à ce qu’un jour il ne lui reste plus que le manoir.

    A cette époque Amadeus qui avait acquis une certaine notoriété recevait beaucoup d’auteurs venus des quatre coins du monde. L’île étant dépourvue d’hôtel c’est Roger qui les recevait au manoir. C’est ainsi que le manoir se transformait peu à peu en hôtel et Roger excellait dans le rôle de maître de cérémonie et dans la gestion de ce qu’il avait appelé un soir de beuverie l’hôtel des grimauds. Le nom était resté et il était même devenu le nom officiel de l’hôtel.

    La rumeur à propos de l’élixir de jouvence était née l’année où les deux compères avaient organisé à l’hôtel une monstrueuse orgie pour fêter leurs quatre vingt dix ans. Car si en apparence nos deux complices avaient l’air de deux charmants papys très soignés de quatre vingt dix ans, leur souplesse et leur agilité physique avait de quoi faire pâlir plus d’un jeunot de trente ans.

    Les deux complices avaient l’habitude, depuis des décennies d’organiser deux grandes fêtes à chaque campagne de pêche. L’une le lendemain du départ des pêcheurs et l’autre la veille de leur retour. Fêtes où se mêlaient le gratin des écrivains du moment et les femmes des pêcheurs de l’île. C’est ainsi que l’hôtel des grimauds avait prospéré et avait acquis une notoriété internationale.

    L’orgie organisée pour les quatre vingt dix ans d’Amadeus et de Roger avait dépassé tout ce qui s’était fait jusqu’à ce moment là. Tout ce petit monde s’était quitté joyeusement le surlendemain avec en poche une invitation à une orgie encore plus grandiose l’année suivante. Les deux complices semblaient avoir prévus ne jamais quitter cette vie. Si tant est qu’Amadeus avait trouvé l’élixir de jouvence, il n’avait pas dû en faire profiter son ami Roger…

    Quelques semaines après cette fête, la femme de chambre qui lui apportait le plateau du petit déjeuner l’a découvert raide mort dans son lit au petit matin. Lorsqu’elle le découvrit ainsi elle ne pu s’empêcher de sourire. La cantharidine dont il faisait saupoudrer tous ses plats depuis quelques années lui avait permis de partir avec un priapisme triomphant. Il était mort comme il avait vécu. La queue fièrement dressée…

    La mort de Roger ne bouleversait pas seulement Amadeus mais toute la vie de l’île. Depuis plus de 50 ans, presque 60 ans même, toute la vie sur l’île s’était organisée autour de Roger et d’Amadeus. En fonction de leur mode de vie. Les quelques commerces apparus sur l’île avaient vu le jour et prospéraient grâce à la clientèle de l’hôtel qui était composée à quatre vingt dix pour cent des amis des deux complices.

    Roger était parti intestat et sans descendant connu ou reconnu. C’était alors engagée une longue série de péripéties judiciaires et familiales qui avaient secoué l’île durant deux décennies. Tout à coup les femmes des pêcheurs révélaient à leur mari que l’un ou l’autre de leur rejeton pouvait peut-être prétendre à l’héritage de Roger.

    Dans les premières années qui suivirent il y avait eu quantité de divorces sur l’île, il y avait même eu quelques crimes passionnels. Dans ces années là on ne parlait pas encore d’ADN et il fallait prouver par tous les moyens possibles une paternité. Par appât du gain les femmes se mettaient alors à parler de tout se qui se passait sur l’île durant les campagnes de pêche, en l’absence de leurs maris.

    Un journaliste du continent avait entendu parler des procès en reconnaissance de paternité. Il publia une première histoire, puis une autre et ainsi de suite durant de nombreuses années. C’est ainsi que l’île avait été oubliée par les écrivains en vogue mais qu’elle fut découverte par une clientèle populaire.

    L’année qui avait suivi le décès de Roger les habitants avaient bien crus qu’ils allaient perdre aussi leur Amadeus. Après avoir accompagné son ami de toujours à sa dernière demeure il avait organisé une beuverie à la mémoire du priapisme avec lequel son ami avait réussi à tirer fièrement sa révérence. Il porta un toast en espérant qu’il quitterait la terre dans le même état, puis il est rentré chez lui et plus personne ne l’a revu durant des mois. Les campagnes de pêche ne rythmaient plus la vie d’Amadeus. Il restait enfermé chez lui.

    Après quelques mois, une rumeur commençait à courir sur l’île. Si Amadeus ne s’intéressait plus aux campagnes de pêche ce n’était pas à cause de la mort de son complice de toujours mais parce qu’il était tombé amoureux pour la première fois de sa vie. La rumeur affirmait que certaines nuits on pouvait voir une silhouette féminine pénétrer dans sa propriété et que la silhouette était toujours la même.

    La rumeur s’amplifiait de jour en jour et connu son summum le jour où la femme de ménage l’avait découvert inanimé lorsqu’elle est venue prendre son service. Il baignait dans son sang et ses bijoux de famille, qui avaient faits le bonheur de tant de femmes sur l’île, se trouvaient à coté de son corps.

    Devant ce spectacle, cette solide femme de pêcheur avait gardé tout son sang froid. Elle avait ramassé les bijoux de famille et les avait déposé sur un linge propre dans le réfrigérateur. Puis avec l’élastique d’un pot de confiture maison elle avait fait un garrot à ce qui restait encore attaché au corps, puis elle avait appelé le SAMU sur le continent. Lorsque le SAMU et la police sont arrivés ils ont trouvé Amadeus sur le lit, lavé et la chambre nettoyée de fond en comble.

    Un hélicoptère médicalisé du SAMU était venu récupérer Amadeus et ses bijoux. L’inspecteur de police qui avait fait le voyage avec eux avait vu rouge lorsqu’il s’était rendu compte que la femme de ménage avait tout nettoyé et qu’il n’y avait aucun indice exploitable pour retrouver celui ou celle qui avait fait cela. Son enquête de voisinage ne donnait rien non plus. On lui parlait bien d’une femme mystérieuse qui venait le voir régulièrement la nuit mais personne ne la connaissait.

    L’inspecteur de police, devant les chamboulements économiques et familiaux sur l’île, était incapable de déterminer qui pouvait être la coupable. Car beaucoup de femmes quittaient l’île à ce moment là. Il pensait même à une conspiration de femmes car il avait appris que plusieurs étaient venues donner un coup de main afin de nettoyer la maison d’Amadeus afin qu’il n’y ait aucun indice exploitable. Il comptait donc sur le rétablissement d’Amadeus pour lui révéler qui avait fait cela

    Mais Amadeus n’était pas décidé à parler et encore moins à porter plainte.
    Après plusieurs mois passés à l’hôpital sur le continent, il était rentré sur l’île et avait repris les campagnes de pêche comme si de rien n’était. Néanmoins il semblait que la mésaventure du service trois pièces avait laissé quelques séquelles et que les bijoux de famille avaient quelques défaillances…

    Dans les premières semaines qui avaient suivi la disparition intestat de Roger le notaire en charge de la succession avait fait nommer un administrateur pour l’hôtel des Grimauds. Bien lui en a pris car la succession de Roger Maure n’a pu être close que vingt ans après lorsque la petite Monique est revenue vivre au pays après la mort de son mari. Elle avait quitté l’île à 15 ans, durant la guerre, pour épouser un slave à particule avec lequel elle s’était installée aux amériques.

    Lorsqu’elle était partie elle avait coupé tous les liens qu’elle avait sur l’île c’est ainsi qu’elle appris le même jour la mort de ses parents, la mort de ses deux frères et la mort de Roger. La première chose qu’elle avait faite n’avait pas été de se rendre au cimetière pour se recueillir sur la tombe de sa famille. Non, la petite Monique apprenant la nouvelle de la mort de Roger avait couru aussi vite que ses jambes de soixante dix ans le lui permettaient chez Amadeus.

    Quelques heures plus tard on avait vu débarquer sur l’île le notaire et son clerc qui avaient pris la direction de la propriété d’Amadeus. Il avait fallu encore quelques jours de plus pour apprendre ce qui s’était dit. C’est ainsi qu’on avait appris que Roger avait eu un fils avec Monique et qu’il avait reconnu l’enfant à naître devant un notaire Parisien sous pli clos en présence de deux témoins dont l’un était le fils du notaire Parisien et le second Amadeus.

    C’est ainsi que Kzav d’Issytash, le fils de Roger Maure et de la petite Monique était devenu le nouveau propriétaire de l’hôtel des Grimauds. Amadeus s’était tout de suite pris d’affection pour le fils de son ami et Kzav le lui rendait bien. Avec Amadeus il découvrait le père qu’il n’avait pas connu et comprenait d’où lui venait sa passion pour l’ésotérisme et l’écriture. C’est grâce aux relations qu’Amadeus avait gardé que cette convention d’auteurs allait se tenir à l’hôtel. Amadeus savait que son « presque fils » s’était endetté lourdement pour faire revivre l’hôtel de son père.

    Si Kzav était heureux de cette aide et de cette manne inespérée qui lui permettait de penser plus sereinement à son banquier, il était aussi très fébrile. Pour faire face à cet afflux inattendu et hors saison il avait dû employer des intérimaires qu’il avait à peine eu le temps de former.

    Ce n’était pas la seule chose qui le rendait fébrile, il y avait aussi le genre de clientèle qu’il s’apprêtait à accueillir. Depuis cinq ans qu’il gérait l’hôtel il avait pris l’habitude de la clientèle familiale ou des vieilles filles qui venaient hors saison. Accueillir cette bande d’auteurs le stressait par avance. D’autant plus qu’il y avait dans les participants des V.I.P. dont ont lui avait demandé de s’occuper plus particulièrement.

    Il avait dû se résoudre à employer des gens sans expériences ni qualifications. Mais fort heureusement l’agence lui avait adressé beaucoup de candidats. Ce qui n’avait pas manqué de le surprendre car habituellement il n’y avait pas grand monde sur l’île en cette saison. Mais il semblait que le lieu où se tiendrait la convention avait été éventé très tôt par les journalistes car plusieurs candidats avaient fait référence à cette convention lors des entretiens.

    Il avait beaucoup hésité à employer ceux qui se présentaient afin de pouvoir rencontrer des auteurs connus. Il ne s’y était résolu que lorsqu’il avait pris conscience que seule une forte motivation à vivre quelques temps parmi des célébrités littéraires allait pouvoir compenser leur manque d’expérience. Il pariait sur la bonne volonté pour en faire un personnel acceptable.

    Il était très heureux du choix de son personnel d’accueil. Marlène qui avait la charge de l’accueil de jour, en plus d’être polyglotte être un monstre d’efficacité et de diplomatie. Sa douceur allait faire des merveilles avec cette clientèle exigeante, lunatique et nombriliste. Abdoul qui s’occuperait de l’accueil de nuit était un solide gaillard plein d’humour qui ne se laisserait pas impressionner par les caprices nocturnes des uns et des autres…Avec ces deux là a la barre Kzav se permettait même de rêver par moment que l’hôtel allait pouvoir retrouver le prestige et la vocation qu’il avait jadis…

    La question du jour :

    Comment ça s'présente pour ceux qui ne connaissent pas les auteurs que j'ai caricaturé ???

    :?: :?: :?:
  • Long :lol:

    Trop pour le moment, faut que je file au boulot. A plus pour une lecture. :wink:
  • "Marina MISSIER"">

    "sindbadboy" wrote:


    Un truc très court pour pas encombrer.

    --


    Ah ça ! Pour être court, il est court ton texte… Smiley très heureux

    En principe ce texte devait être l’intro d’un roman (Petits meurtres entre auteurs) où je mettais en scène et caricaturais tous les auteurs que je connaissais. Je ne suis jamais allée au-delà du 1er chapitre car certains de mes « personnages » se sont crêpé le chignon dans la vie réelle et du coup cela m’a coupé l’envie d’écrire un truc juste pour les faire rire…

    Me suis toujours demandé ce que ça donnait lorsque c’était lu par quelqu’un qui ne connaissait pas les auteurs en question… Donc, grâce à Sind, je vais peut-être enfin avoir une réponse à cette question…


    La question du jour :

    Comment ça s'présente pour ceux qui ne connaissent pas les auteurs que j'ai caricaturé ???

    :?: :?: :?:

    --


    Très intéressant, mais les auteurs seront des gens bien connus ou des lulu ?
  • "julhes jean-pierre" wrote:


    Très intéressant, mais les auteurs seront des gens bien connus ou des lulu ?

    --


    C'est pas des connus et ni des Lulus que j'ai caricaturé, mais des auteurs que je connais par ailleurs...

    :lol: Si cela avait été des Lulus je n'aurais pas pu avoir d'avis objectif car toul'monde aurait cherché à savoir qui est qui... :wink:

    Donc je n'aurais pas mis le texte ici puisque ce qui m'intéresse c'est de savoir si ce texte peut avoir un interêt dès lors qu'on ne connait pas les auteurs dont je parle...

    :?: :?: :?:
  • "Comment ça s'présente pour ceux qui ne connaissent pas les auteurs que j'ai caricaturé ???"

    Très bien je trouve. Ca tient la route et la tiendrait avec des personnages 100% fictifs, auteurs ou non. De toutes façons, dès qu'il est question de marins et de femmes de marins, ça me plait!
  • Et si les textes étaient postés sur un forum lié à un groupe comme les lulupoètes???

    Bien. A mon tour de vous proposer un truc très court...




    Planté comme un cocotier exposé aux vents capricieux du désert, il regarde immobile les vagues sauvages qui inlassablement viennent frapper la côte sud de cette île enchanteresse. Le soleil offre son plus beau turquoise à l’océan translucide. Les sables argentés reflètent impassibles sa brûlante lumière. Ebloui, il ferme un œil, mais du second se repaît, insatiable, de ce spectacle fabuleux.

    Est-il possible d’être au paradis et toujours en vie ? Ce n’est pas le problème. Il s’en moque éperdument. Une onde de bonheur parcourt tout son être à chaque bouffée d’iode qui envahit ses poumons assoiffés. L’océan ne finira jamais son ballet endiablé, l’argent du sable ne sera jamais altéré, rien ni personne ne pourra compromettre cette sensation de bien-être absolu.

    Il n’est pas seul sur cette plage. Debout, derrière lui, la tête posée sur son épaule, les mains croisées sur son cœur, elle respire calmement, boit le spectacle et, sans un mot, lui dit combien elle l’aime.

    Leurs corps se blottissent l’un contre l’autre, de plus en plus serrés, de plus en plus unis. Il lui prend délicatement la main, et toujours en silence, comme pour ne pas déranger la mer, ils s’en vont, entre argent et turquoise, d’un pas lent et harmonieux rejoindre l’astre de lumière qui pour accueillir ses amis, se pare d’un tango rassurant. Très vite il tire sa révérence, s’éclipse à l’horizon et plonge sa lumière rougeâtre dans l’infini bleuté.

    Cette intimité et la douce chaleur tropicale les conduisent bien vite à s’enlacer, à s’étreindre, à s’embrasser avec la fougue amoureuse d’un couple indestructible. Ils laissent enfin parler leurs corps, et du bout des lèvres et du bout des seins, et du bout de l’amour dans ce bout du monde, ils délivrent enfin leurs sens de cette passion devenue incontrôlable.

    Elle l’aime. Il l’aime.

    Il s’aiment, et s’aimeront toujours.

    Indestructibles.

    Cette fois c’est sûr, elle ne s’évanouira pas, enlevée par l’impitoyable civilisation. Personne ne la lui prendra. Jamais. Plus jamais.

    Il s’en retourne en souriant, heureux d’avoir aimé le plus tendre de ses souvenirs…
  • Ben c'est vachement bien tout ça.
    Et que les textes soient courts, c'est vraiment parfait. On peut ainsi avoir une idée de l'univers de chacun, et c'est pas mal du tout.

    La meilleur pub vue sur Lulu depuis le début. :wink:
  • "sindbadboy" wrote:

    On peut ainsi avoir une idée de l'univers de chacun

    --


    Smiley surprisops: Heu... Pas du mien... Paske ce que j'ai mis ici n'a rien à voir avec ce que j'écris habituellement... Ce texte-là c'était juste pour de rire... :?

    Par contre, tu as farfaitement raison cela permet de découvrir de très jolies choses... J'aime très beaucoup le texte de Fred ( Smiley surprisops: pardon pour les autres!)
  • M'sieur Fred, bravo. Joli texte et bel exercice de style. Court et efficace. image
    JML
  • Super Fred je confirme!

    Une petite remarque cependant : le créancier c'est celui à qui on doit. Ce sont donc les débiteurs de l'usurier qui sont soulagés.
  • Très bien Fred,

    Je vois que Svetlana la vampire s'est mise un peu en retrait pour nous permettre de gouter à une autre facette de ton Talent.
  • Me voici me voilà:

    Pourquoi la guerre a repris ?

    La base vénusienne GW Bush est en ébullition. Les vaisseaux terriens se posent à haute cadence, déversant leurs cohortes de personnalités. Le roi d’Angleterre, le président de l’Union Européenne, le Tsar de Russie, le Président de la fédération des Amériques unies, l’empereur d’Asie. Tous ces personnages sont accompagnés de leur cours et d’une garde personnelle, de hauts dignitaires, de journalistes, télévisions, presses, radios…

    Le général Gland est dans ses petits souliers. Considéré comme le héros de la dernière campagne vénusienne, c’est grâce à lui que le traité de paix a vu le jour, traité qui met fin à 60 ans de résistance des Frorumms, ces grosses autruches sans cou. En d’autres temps, cette race très intelligente aurait été exterminée sans trop de difficulté, mais les associations humanitaires ont pris une telle influence sur la Terre, que cette idée a été rejetée. Nos braves soldats ont donc du combattre contre les Frorumms, et quels combats ! Privé de mains, ne possédant que des pattes palmées et des ailes, les frorumms ont conquis la suprématie sur les autres races vénusiennes en leur lâchant des cailloux sur la tête. Cette méthode, appliquée contre nos armées n’eu pas les résultats escomptés par leurs états majors. On fabriqua des casques spéciaux, un peu lourd, et on négocia. Jusqu'à ce que le général Gland ait l’idée de leur offrir de lecteurs de dvd et de les bombarder avec des films de toutes sortes.
    Résultat ; un rapprochement immédiat et un accord de paix.
    Seule ombre au tableau, le mariage du général avec la princesse Fil, belle poulette sans doute aux yeux des siens, mais pas trop du gout du général qui fait le sacrifice qu’on attend de lui.
    La princesse Fil est dingue d’ « Autant en emporte le vent » de « Mariage à Notting hill » et de « les hommes préfèrent les blondes »
    Elle exigea donc un mariage typiquement humain, ce qui posa quelques problèmes d’infrastructures.

    Le général enfile sont uniforme de marié, dessiné spécialement pour l’occasion par un célèbre couturier français. A ses cotés, son aide de camp le rassure en gérant tous les détails…
    — Et la limousine ? Demande le général, vous en avez trouvé une ?
    — Oui, mais quelle galère, mais on a retrouvé une LINCOLN TownCar de 8,5 m de long, dans une casse de Détroit. Je l’ai fait retaper et repeindre en noire. C’est le brigadier Louny qui va conduire.
    — Vous lui avez passé la consigne ? Elle doit être impeccable, lustrée à mort. C’est primordial !

    Pour être lustrée, elle l’est. Nénette et peau de chamois, le brigadier n’a pas économisé sont huile de soude, supportant les vannes de ses collègues.
    A cinq minutes du début de la cérémonie, il revérifie les petits détails, siège en cuir, bar, musique. Tout est nickel !
    Et ce soleil qui tape. La limousine va se transformer en fournaise. Il remarque un arbre, de ces grands végétaux vénusiens formant ombrage. Il y place le véhicule et se cale au volant, attendant l’ordre dans son oreillette.
    Les Couarts sont des oiseaux malicieux et casse bonbons. Perché sur le grand arbre, attirés par ses lustres, ils le contemplent des branches les plus hautes.
    Quand la princesse Fil sort du temple au bras de son époux, elle respire le bonheur, mais quand soudain elle voit approcher la limousine couverte de fiente, dégoulinante de merde, distillant une odeur de purin, elle n’a qu’une solution pour sauver la face : tomber dans les pommes.
    Voilà pourquoi la guerre à repris !
    image

    Jacqk
    Depuis la base GWB.
    Avril 2087.
  • Pas facile d'en rouler une avec ta poulette, Jack !
  • Extrait de L'amour avec un traversin de Pitoum.
    Livre Broché : 6,62€
    Téléchargé : 0,65€
    Ma nouvelle vitrine

    La vie commence quand le premier baiser s’achève. Quand les lèvres se séparent, dans un éclat de rire, ou une grimace de dégoût. Il y a un avant, et un après premier baiser.
    *******************
    On a fumé. Elles ont bu. Et puis, elles ont voulu jouer à action ou vérité. Ce jeu que je trouvais stupide. Et bien, j’y ai joué. Moi qui le fuyais depuis toujours, trop flippé à l’idée que mon premier baiser se fasse à cause de lui, comme une naissance avortée, une césarienne douloureuse. Que les premières lèvres que frôleront les miennes soient celle d’un mec, ou pire, d’une moche. Moi qui le fuyais depuis toujours, j’ai dit oui.

    Les questions débiles et gages affligeants se sont enchaînés pendant une bonne heure avant que le premier piou ne pointe le bout de ses lèvres. De mes lèvres. De nos lèvres, qui se sont frôlées un instant. Le silence. Pendant quelques secondes, juste le froissement des chairs qui se palpent. Et ma tête qui tourne. Et maman qui perd les eaux. L’accouchement commence enfin, avec pratiquement treize ans de retard.

    Et puis, je découvre le pouvoir déconcertant de l’alcool. Sans les bières qu’elle avait bu, ça ne serait sûrement pas arrivé.

    Un baiser encore, mais cette fois, je sens une bête chaude et humide qui taquine mes incisives. Maman crie. J’entrouvre la bouche. Maman hurle. Nos langues se caressent. Mon père s’évanouit. Ses lèvres contre les miennes, nos salives qui se mêlent. La sage-femme brandit les forceps. Mes bras qui tremblent, alors que j’aimerais la serrer contre moi. Maman pleure. Et le rire, tous les deux, le rire qui nous frappe, nos regards qui se croisent, mes yeux qui brillent. Et le médecin qui me brandit au dessus du ventre de ma génitrice. Et mon sang qui bout. Et mes lèvres qui se tordent de plaisir. Et ma première bouffée d’oxygène. Un air pur qui m’emplit les poumons. Un air neuf. Et mon cri. De douleur. De victoire. De frustration.

    Je suis vivant !

    Je suis vivant.

    Je suis vivant…
  • Oh wouuuuuuuuuah ! Quel talent !!!

    BRAVO

    Smiley très heureux
  • Jacqk t'es cinglé, et j'adore. :lol:

    Pitoum, une bien belle plume, jeune homme. Respect. :wink:
  • "sindbadboy" wrote:

    Pitoum, une bien belle plume, jeune homme.

    --


    Jeune homme ??? Pitoum est un gars ??? Smiley surprisops:
  • Rentrant de week-end je trouve plusieurs messages élogieux... Merci beaucoup !!! Smiley très heureux
    La petite erreur est corrigée... Smiley surprisops:
  • Autant sur ma sexualité, y a débat, autant les médecins sont formels, je suis bel et bien porteur de la paire de chromosomes XY :lol:

    Mais pas de mal, en général, je trouve ça plutôt flatteur, rapport au culte que je voue au deuxième sexe !
  • "Pitoum" wrote:

    Autant sur ma sexualité, y a débat, autant les médecins sont formels, je suis bel et bien porteur de la paire de chromosomes XY :lol:

    Mais pas de mal, en général, je trouve ça plutôt flatteur, rapport au culte que je voue au deuxième sexe !

    --


    :lol: Sauf que ce que tu appelles le deuxième sexe était le premier à voir le jour (faut pas croire ce que racconte certains copistes de la bible ou les curés !) selon des textes et des traditions orales bien plus anciens que la bible.

    Smiley tirant la langue Par ailleurs, d'un point de vue génétique, mes p'tits messieurs, faudrait pi-être pas oublier que les premières semaines où vous étiez dans le ventre de maman, vous aviez la même paire* que nous. :wink:

    * de chromosomes
  • "Marina MISSIER" wrote:

    Sauf que ce que tu appelles le deuxième sexe était le premier à voir le jour (faut pas croire ce que racconte certains copistes de la bible ou les curés !) selon des textes et des traditions orales bien plus anciens que la bible.

    --
    C'était une allusion au livre de Simone de Beauvoir, non ?
  • "FredV" wrote:

    C'était une allusion au livre de Simone de Beauvoir, non ?

    --


    :lol: :lol: :lol: Bin voui... Mais Simone Beauvoir aussi disait des bêtises...

    En fait, dans l'esprit des gens, surtout des hommes d'ailleurs lorsque tu dis le 2ème sexe cela a une conotation péjorative puisque pour certains (pas tous !!!) c'est celui de toutes les tares, car prem's dans leur tête signifie "meilleur"

    Mais moi franchement je préfère le 3ème... Puisque souvent il porte en lui ce qu'il y a de bien dans les 2 autres...

    Paske hein, prem's ou 2 chacun a ses qualités et ses défauts...

    :wink:
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