"Les six jours de la Bulle" roman fantastique de Terry Tremblay

 

Extrait chapitre 1 :

Excité comme un gamin qui découvrirait ses jouets au pied du sapin de noël, Maxence Yanis, le présentateur que toutes les chaînes s’arrachaient à prix d’or il y a encore quelques années et qui faisait fantasmer les femmes de 18 à 90 ans, arrive au milieu du plateau en sautillant de joie. Les cheveux plaqués en arrière par une bonne poignée de gel, les yeux creux, le regard vitreux et le ventre bedonnant, Maxence a longtemps été considéré comme le clone le mieux réussi de sa génération. Bien dans sa peau, sûr de lui et aimé de tous, au début de sa carrière il était parfait. Malheureusement, il s’est considérablement détérioré avec le temps !...

Il fait quelques pas vers la caméra braquée sur lui, s’assombrit, prend une grande respiration et, solennellement, comme s’il parlait à chaque individu tel un père à son fils, pire, comme si Dieu parlait à ses apôtres, il enchaîne :

- Aujourd’hui est un grand jour ! Pour vous, pour moi, pour l’humanité. Ils sont sept ! Quatre femmes, trois hommes. Sept personnes que tout sépare. Leur nationalité, leur éducation et leur façon de penser. Rien, à part un hallucinant hasard, n’aurait pu les faire se rencontrer, ne serait-ce que se croiser dans l’immensité de la planète. Sauf, bien entendu…

Bras tendus, il lève alors les yeux au ciel comme pour implorer un quelconque seigneur, avant de s’exclamer :

-  Sauf bien entendu : le loft show !

- Allez, c’est parti, annonce Eliot supervisant une nouvelle volée d’ovation.

 Spécialement prévue pour le début du spectacle, M.O.Ï choisi une musique transe, ce qui engendre immédiatement l’hystérie chez le présentateur qui entame une chorégraphie totalement désordonnée. Traversé par des jets de flammes, un brouillard artificiel envahit la scène tandis qu’en plein délire, Maxence continue son speech :

- Pendant dix huit mois ils vont vivre dans le plus grand, le plus luxueux, le plus fantastique loft de tous les temps ! Une Bulle de verre gigantesque sur plus de vingt sept milles mètres carrés, avec un océan, une salle home cinéma, des jacuzzis, un jardin botanique, une salle de sport toute équipée et plusieurs saunas. Tout cela chers amis téléspectateurs, au centre du désert de Gibson en Australie ! Coupés du monde dans un paradis créé de toute pièce par les plus grands spécialistes de l’environnement, totalement enfermés et sans aucune aide de l’extérieur, survivre sera leur seul but ! A l’instant où je vous parle, l’hélicoptère transportant nos sept cobayes va se poser dans quelques minutes sur le plus grand site expérimental du monde moderne. Loin de leur terre natale, de leur famille, ce lieu magique va être pour eux : le paradis ou l’enfer ? A eux de choisir ! Vont-ils réussir à cohabiter, communiquer, s’aimer ? Jour après jour vous suivrez en direct, un instant de leur vie, de leur survie.

Extrait Chapitre 6

Simultanément, dans le désert Australien ainsi que dans l’immeuble à Adélaïde, Noé et certains scientifiques poussent ensembles un cri d’effroi. Attaché aux anneaux de la salle de sport, le français est pendu dans le vide. Son corps est lardé de plaies profondes d’où le sang s’échappe laissant sur le sol, une marre d’hémoglobine, preuve de l’odieuse torture qu’il vient de subir. Ses yeux sont crevés et son appareil génital a été arraché...

L’annonce abominable de la mort du français, ordonne dans la logique humaine de stopper immédiatement le show. Jamy quitte Inès, prise en charge par des médecins et fonce faire face à Thomass imperturbable.

-  Je vous ordonne de mettre fin à cette émission ! Il faut aller au plus vite sur le site récupérer ceux qui sont encore en vie.

- Arrêter l’émission ? ironise t-il. Impossible, le direct va avoir lieu dans moins de cinq minutes, trop court pour déconnecter les satellites. N’oubliez pas que tous les comédiens ont signé le scénario que vous admirez actuellement, monsieur Rond !

-  Bond ! hurle Jamy. Vous voulez me faire croire que

Tanguy s’est retrouvé ainsi parce que c’est écrit dans son scénario ?

-  Bien sûr !

-  Et ses couilles, qui les lui a prises ?

 

 

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